De la Guerre de Trente Ans aux conflits de Louis XIV, les affrontements redessinent les frontières, ruinent des régions entières et installent de nouveaux rapports de force.
Panorama de La Culture Européenne
Événements majeurs du XVIIe siècle
Le XVIIe siècle est un siècle d’équilibres instables. Les guerres européennes, les rivalités dynastiques, l’essor des compagnies maritimes, les colonies et les mutations économiques composent un même mouvement : l’Europe se bat pour le territoire, mais aussi pour les routes, les marchés et la puissance mondiale.
Bourbons, Habsbourg, Stuart, Bragance et autres maisons souveraines défendent des intérêts familiaux qui deviennent des enjeux continentaux.
Les conflits ne se jouent plus seulement sur terre : Provinces-Unies, Angleterre, France, Espagne et Portugal disputent les routes maritimes et les empires coloniaux.
Commerce, banques, manufactures, compagnies et traite transforment l’échelle des ambitions européennes et annoncent un monde plus globalisé.
La page se lit donc comme une progression : d’abord les guerres, puis les colonies, l’économie, les compagnies, la traite et enfin les sciences. C’est tout le XVIIe siècle qui change d’échelle.
Les guerres
Les conflits du XVIIe siècle ne sont pas isolés les uns des autres. Ils forment une chaîne où se mêlent religion, dynasties, territoires, commerce maritime et colonies.
Un continent fracturé
La Guerre de Trente Ans révèle une Europe divisée entre puissances catholiques et protestantes, mais aussi entre ambitions impériales, intérêts princiers et stratégies nationales.
À retenir : Westphalie ne met pas fin aux tensions, elle les réorganise.
La France s’impose
Après la rivalité avec l’Espagne, Louis XIV engage plusieurs guerres qui cherchent à desserrer l’étau des Habsbourg et à pousser les frontières du royaume.
À retenir : la puissance française devient centrale, mais coûteuse et contestée.
La mer devient stratégique
Les guerres anglo-néerlandaises, les rivalités coloniales et les compagnies commerciales déplacent une partie décisive de la puissance vers les ports, les flottes et les routes océaniques.
À retenir : le XVIIe siècle prépare la domination maritime du siècle suivant.
1618-1648 : guerre continentale et religieuse. 1648-1679 : affirmation française et conflits territoriaux. après 1679 : coalitions européennes contre l’expansion de Louis XIV.
À mesure que le siècle avance, la guerre devient autant une affaire de finances, de commerce et de marine qu’une affaire de frontières.
La Guerre de Trente Ans
La Guerre de Trente Ans, de 1618 à 1648, est le grand conflit fondateur du XVIIe siècle. Elle commence dans l’espace germanique, mais elle engage bientôt presque toute l’Europe et transforme durablement les rapports entre religion, souveraineté et puissance politique.
Période bohémienne et palatine : la révolte de Bohême ouvre le conflit et révèle la fragilité de l’équilibre impérial.
Période danoise : le conflit s’élargit et les puissances protestantes cherchent à contenir les Habsbourg.
Période suédoise : l’intervention de Gustave-Adolphe change l’échelle militaire et politique de la guerre.
Période française : la France entre directement dans le conflit contre les Habsbourg, malgré son catholicisme.
À retenir : les traités de Westphalie ne restaurent pas simplement la paix ; ils consacrent une nouvelle manière de penser les États, leurs frontières et leurs souverainetés.
La Guerre franco-espagnole
Même après Westphalie, la rivalité entre la France et l’Espagne continue. De 1635 à 1659, la guerre oppose deux puissances dont les intérêts se croisent dans les Flandres, les Pyrénées, l’Italie et les jeux d’alliances européens.
Desserrer l’étau des Habsbourg autour du royaume et affirmer la France comme puissance dominante du continent.
Maintenir un empire européen et colonial dont la puissance militaire et financière s’érode progressivement.
La guerre traverse aussi les Frondes, qui affaiblissent l’autorité royale au moment même où la monarchie combat l’Espagne.
Le traité des Pyrénées, en 1659, confirme le recul espagnol et prépare l’affirmation de Louis XIV.
La Guerre Anglo-Espagnole
Le Commonwealth Anglais (1649-1660) sous la gouvernance d’Olivier Cromwell s’est allié à La France contre l’Espagne par le Traité de Paris signé en 1657. Trois villes du Nord de la France sont mises sur la balance: en cas de victoire Mardyck reviendrait aux Anglais, Dunkerque et Gravelines aux Français.
Situer
A la Restauration anglaise, en 1662, l’Angleterre de Stuart II vendra Dunkerque à la France pour 5 millions de livres [4] .
Comprendre
Les flottes anglaises et espagnoles vont s’affronter.
Retenir
En 1655, les Anglais occupent la Jamaïque et remportent deux batailles décisives, celle de Cadix en 1656 et de Santa Cruz de Tenerife en 1657.
La Guerre de Restauration
La Guerre d’Acclamation (1640-1668) voit s’affronter le Portugal sous domination espagnole depuis 1580 et l’Espagne. En 1640, une suite de révoltes contre la domination espagnole au pouvoir le duc Jean II de Bragance qui va régner sous le nom de Jean IV du Portugal dit Le Restaurateur (1604-1656).
Le roi Philippe III du Portugal (Philippe IV de Castille) est déposé. L’Espagne est obligé d’y concentrer un nombre importants de tiercos, unité militaire de 10 compagnies regroupant des piquiers, des escrimeurs et des arquebusiers armés d’arquebuses, armes à feu à l’épaule, lourde, ou des mousquetaires armés de mousquets, arme à feu à l’épaule plus légère et de plus grande portée. Du côté portugais comme du côté espagnol, les conditions sont requises pour que soit signé en 1668 le Traité de Lisbonne par lequel l’Espagne reconnaît définitivement l’indépendance du Portugal.
Par son alliance avec la France, le Portugal entre dans la Guerre de Trente Ans. En 1648, le Portugal qui n’a trouvé d’alliée en la France que par le biais de l’opposition de celle-ci à l’Espagne a pour ainsi dire été exclus de La Paix des Pyrénées. Les Cortes prononceront sa déchéance le 24 novembre 1667 pour raison ‘psychiatrique’. Cette même année 65, Philippe IV meurt. Juan-José d’Autriche, fils illégitime du défunt roi, qui fut Vice-roi de Sicile de 1647 à 1651 et gouverneur des Pays-Bas Espagnols en 1656, se révolte pour prendre le pouvoir mais il n’obtiendra que la vice-royauté de l’Aragon.
En même temps se déclare en Catalogne la Guerre des Faucheurs (1640-1652), la population catalane ne supportant pas la présence des troupes castillanes venues défendre la frontière est de la péninsule. En 1656, Jean IV du Portugal meurt. Sa femme, Louise-Françoise de Guzman assure la régence jusqu’à ce que son fils, Alphonse IV (1643-1683) monte en 1662 sur le trône. Son fils Charles II n’ayant que quatre ans, c’est sa mère, Marie-Anne d’Autriche, qui va assurer la régence.
De 1640 à 1659, cette guerre va consister en une série d’incursions en Castille. Son traité avec l’Angleterre en 1652 ne lui apportera pas plus. Et de plus, cette année-là, les troupes espagnoles ont définitivement conquis le Comté de Barcelone, ce qui libère les troupes. Malgré le renfort des troupes ramenées de Catalogne, le Portugal va remporter chez lui quatre victoires déterminantes: Elvas en 1659, Ameixial en 1663, Castelo Rodrigo en 1664 et Montes Claros en 1665. Charles II Stuart, nouveau roi d’Angleterre depuis un an après l’épisode de la république de Olivier Cromwell (†1658) a servi d’intermédiaire.
La Guerre de Dévolution
La paix ne s’établit toujours pas entre la France et l’Espagne. Après la Guerre de Trente Ans et la Guerre Franco-Espagnole, un nouveau conflit éclate entre les deux pays qui va durer deux années.
Situer
La Guerre de Dévolution va s’étendre en 1667 et 1668. Il s’appuie pour contester le testament de Philippe IV sur le non-paiement des 500 000 écus de dot de sa femme, qui devaient compenser la renonciation de ses droits à la succession espagnole. Au printemps de 1667, les troupes françaises commandées par Turenne envahissent le Flandres et un an plus tard, ce sont celles commandées par le Grand Condé, redevenu loyal, qui occupe la Franche-Comté. De par cette alliance, Louis XIV se voit alors contraint de signer le Traité d'Aix-la-Chapelle (2 mai 1668). Si la prépondérance française sur le continent est devenue incontestable, elle suscite une inquiétude toujours plus grande chez ses voisins car elle s’accompagne d’une politique expansionniste que rien ne semble contenir.
Comprendre
Les Pays-Bas Espagnols (Pays-Bas Méridionaux) et la Franche-Comté appartiennent toujours à l’Espagne. Le droit de dévolution est le droit permettant le transfert d’un patrimoine dans une autre. «Passage de droits héréditaires au degré subséquent par renonciation du degré précédent, ou à une ligne par extinction de l'autre». Cette même année, Louis XIV a trouvé l’appui de l’Électeur de Brandebourg; et l’année suivante il signe un accord secret avec l’empereur Léopold Ier prévoyant que les Pays-Bas Espagnols seraient reconnus comme possession française.
Retenir
A la mort de Philippe IV en 1665, Louis XIV, son gendre de par son mariage avec sa fille Marie-Thérèse aînée, fait valoir ses droits sur le Brabant et la Franche-Comté en vertu du droit de dévolution en vigueur dans le Brabant. Dans le Brabant, il permet aux enfants d’un premier lit, fils ou fille, d’avoir la priorité sur tous les autres enfants. L'Angleterre, les Provinces-Unies et la Suède forment, elles, à La Haye en 1668 la Triple Alliance destinée à stopper l’invasion des Pays-Bas par les troupes françaises. Il restitue la Franche-Comté, mais conserve les douze places conquises par Turenne en Flandre, dont Lille, Tournai, Douai, Charleroi et Armentières.
La Guerre de Hollande
La Guerre de Hollande, de 1672 à 1679, montre que la puissance au XVIIe siècle n’est plus seulement territoriale : elle est aussi commerciale, maritime et financière. La France de Louis XIV affronte une république marchande devenue indispensable à l’économie européenne.
Colbert cherche à limiter la puissance commerciale des Provinces-Unies par une politique protectionniste.
Louis XIV veut briser les alliances qui ont freiné ses ambitions après la Guerre de Dévolution.
Les flottes, les ports et les routes commerciales deviennent des instruments de puissance.
La guerre confirme la difficulté de dominer durablement une Europe qui sait se coaliser contre la France.
Les Guerres Anglo-néerlandaises
Il y eut au cours du XVIIe siècle quatre conflits opposant l’Angleterre et les Provinces-Unies.
Situer
Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.
Première Guerre anglo-néerlandaise
Première Guerre La première guerre, entièrement maritime, qui oppose les flottes néerlandaise et anglaise de la république de Cromwell (Le Commonwealth d'Angleterre 1649-1660) commence en 1652 lorsque les Provinces-Unies renforcent leur flotte militaire par des navires marchands pour se protéger des attaques des navires anglais qui, selon le Navigation Act de 1651, devait interdire l’importation de marchandise embarquée sur des navires non anglais en représailles du soutien de la France aux royalistes anglais (exécution de Charles Ier en 1649) réfugiés à la Barbade, grand port de l‘exportation du sucre, mais aussi porte sur le trafic des Bermudes et de la Virginie. La rivalité, déjà entamée au siècle précédent sur les comptoirs portugais en Inde, va se poursuivre par la fondation au XVIIe siècle de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales (1600) et de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales (1602).
Par le Traité de Westminster de 1654 (il y en aura un second en 1674), les Provinces-Unies reconnaissent le Navigation Acts par lequel seuls les navires anglais peuvent commercer avec les colonies anglaises.
L’Angleterre va cette fois-ci affirmer sa suprématie maritime dans ses colonies américaines (Virginie, Plymouth, Maryland…).
En Mer du Nord et Baltique, on ne saurait parler de suprématie.
Les prises de possessions territoriales par la Suède des rives de la Mer Baltique et d’une partie de la Mer du Nord permet à l’empire suédois d’impose un dominium maris baltici suédois (1658-1709 souveraineté sur la mer Baltique) sur le Danemark et des droits de douanes sur les navires marchands accostant aux ports suédois et non suédois, en Scanie, Poméranie, Livonie, Ingrie, Estonie.
Deuxième Guerre anglo-néerlandaise
Deuxième Guerre La Deuxième Guerre Anglo-Néerlandaise se déroule entre 1665 et 1667. La royauté a été rétabli en 1661 par la montée sur le trône du fils de Charles Ier , Charles II.
Situer
Après le Traité Westminster de 1654, l’Angleterre a eu maille à partir avec l’Espagne ( Guerre Anglo-Espagnole 1654-1660), tandis que les Provinces-Unies interviennent contre la Suède au cours d’une série de conflits que celle-ci entretient avec les pays de la Baltique (Première Guerre du Nord 1655-1660). Les Néerlandais vont obtenir l’appui des Danois et de la France qui déclare la guerre à l’Angleterre en 1666 mais qui en même temps prévoit d’attaquer les Pays-Bas Espagnols, ce qui limite fortement son engagement maritime, d’autant qu’elle envisage d’attaquer aussi Münster, avec le soutien de l'électeur Frédéric-Guillaume I er de Brandebourg. En Amérique du Nord, l’Acadie [Nord Amérique] est rendue à la France» (Wikipédia)
Comprendre
La deuxième guerre débute en fait en 1664, quand, les Néerlandais ayant pris possession des colonies d’Afrique de l’Ouest, la flotte anglaise attaque la flotte néerlandaise en Méditerranée. L’Angleterre va chercher une diversion à cet affrontement maritime au cours duquel les blocus entrepris par chacune des parties n’ont pas donné de résultats probants. En juin 1666, la flotte anglaise et les flottes franco-néerlandaise s’affrontent au cours de la Bataille des Quatre Jours qui se solde par une victoire néerlandaise. Des négociations de paix s’engagent bien que la guerre se poursuive dans les colonies. En juillet 1667, est signé le Traité de Breda qui lie l’Angleterre de Charles II, les Provinces-Unies de John de Witt, le Danemark de Frédéric III et la France de Louis XIV qui a commencé à envahir la Flandres (Voir Guerre de Dévolution). «Les Néerlandais abandonnèrent aux Anglais la Nouvelle-Amsterdam (future New-York, partie du territoire de la Nouvelle-Nederland [6] ), contre les fabriques de sucre du Suriname [Guyane Néerlandaise].
Retenir
En 1665, Londres connaît sa dernière grande épidémie de peste qui va faire 75 000 morts soit environ 20 % de sa population. Les navires néerlandais qui font blocus sur la tamise sont contaminés et doivent se retirer. Elle va chercher son alliance auprès du Prince-Évêque de Münster (Rhénanie-Westphalie), Christoph Bernhard von Galen (†1678) qui revendique une province hollandaise. Mais deux mois plus tard ce sont les anglais qui prennent l’avantage à la Bataille de North Foreland. En Septembre 1666, se déclare le Grand Incendie de Londres qui voit brûler entièrement la City et l’ancienne cathédrale St Paul. Du côté des Indes Orientales, les Provinces-Unies s’assurèrent un monopole mondial sur la noix muscade.
Troisième Guerre anglo-néerlandaise
La Troisième Guerre Anglo-Néerlandaise se déroule de 1672 à 1674 et prend fin par le second Traité de Westminster. C’est une nouvelle fois une guerre maritime entre deux pays dont le but est toujours la domination des voies maritimes dans le Nord mais aussi dans les colonies, américaines.
Elle se déroule imbriquée dans la Guerre de Hollande engagée par la France de 1672 à 78.
Les flottes anglaises et françaises qui ont fait alliance subissent trois défaites consécutives, celle de la bataille de Solebay en 1672 et lors de la première et de la deuxième bataille de Schooneveld et de Texel en 1673.
Le Parlement anglais contraint le roi à la paix.
Avec la Paix de Westminster, l'Angleterre quitte la guerre en février 1674.
La Guerre Suédo-Danoise
Cette guerre est généralement appelée Guerre de Scanie car elle se déroula essentiellement au sud de la Suède, en Scanie région convoitée par les Danois, et en Poméranie; la Poméranie, située sur la côte sud de la Baltique entre Allemagne et Pologne, était gouvernée par la Suède jusqu’au Traité de Westphalie de 1648 par lequel elle sera scindée entre Poméranie Suédoise et la Poméranie Orientale (Gdańsk, Dantzig) qui ira à l’Électorat de Brandebourg gouverné par les Hohenzollern avec pour capitale Berlin. En 1618, par union personnelle (un seul gouvernant pour deux états), le Duché de Prusse sera aussi gouverné par les Hohenzollern.
Situer
La Suède de Charles XI est alliée à la France, tandis que le Danemark l’est aux les Provinces-Unies, à la Norvège, et à l’Électorat de Brandebourg qui avait apporté son soutien à Louis XIV en 1667 pendant la Guerre de Dévolution. La population était composée de paysans farouchement indépendants et d’une importante population marginale de gueux, d’errants, de snapphanara d’où vient le nom de chenapans. En 1678, avant de partir, elles vont laisser une terre systématiquement ravagée [7] . Le Danemark rend toutes les terres prises pendant le conflit y compris la Scanie au grand dam de sa population.
Comprendre
Cette guerre dano-suédoise, qui se déroulera de en 1675 à 1679, s’inscrit dans la Guerre de Hollande qui oppose depuis1672 la France aux Provinces-Unies. Les Pays-Bas, eux, étaient intervenus contre la Suède au cours de la Seconde Guerre Anglo- Néerlandaise (1665-1667). En 1676, Les Danois et leurs alliés remportent l’importante victoire de la Bataille Navale d'Öland à partir de laquelle les Danois vont être maitres en Baltique jusqu’à la fin du conflit. L’alliance avec la France aura été déterminante pour la Suède qui, en 1676, remporte La Bataille de Lund (Nord Scanie) et la Bataille de Landskrona 1677.
Retenir
Pendant La Première Guerre du Nord (1660-1665), la Suède avait été opposée au Danemark et au Brandebourg (plus la Pologne et la Russie), et l’année 1660 avait était l’année de l’apogée de son expansion en Mer Baltique. La Scanie avait était annexée par la Suède en 1658. Les troupes danoises envahissent la Scanie cette même année 76. La Révolte des Snapphanarna va surgir pour les soutenir. En 1677, elles vont commencer à se retirer et mais vont armer les révoltés. Le Traité de Fontainebleau qui intervient en 1679 grâce à la France, qu’entérine la Paix de Lund la même année, met fin au conflit sans qu’on puisse vraiment dire qui est le vainqueur et qui est le vaincu.
La Guerre de Réunion
En 1679, Louis XIV va commencer à entreprendre d’annexer des territoires aux statuts et aux frontières, mal définis. Il s’agissait entre autres des villes et places conquises à la suite de la Guerre de Dévolution (1667-68) et de la Guerre contre la Hollande (1672-78). dont les traités avaient mal défini les limites.
Cette politique d’expansion, connue sous nom de Politique des Réunions va se poursuivre jusqu’en 1684. A cette démarche qui se veut légale, administrative, le roi joint la force et prend les deux possessions espagnoles, Courtrai et le Luxembourg en 1684, et fait bombarder par sa flotte Gênes dont la marine soutenait l’Espagne.
Le roi n’envisage pas moins que l’annexion légale de régions comme la Franche-Comté (Comté de Bourgogne), de l’Alsace et de l’Épiscopat de Metz (Lorraine). Mais cette trêve n’est conclue que pour une période de vingt ans. En 1685, Louis XIV ayant soutenu sa belle-sœur, Élisabeth-Charlotte de Bavière [8] , Princesse Palatine (son fils Philippe sera régent) lors de la succession du Palatinat.
Il crée pour cela des Chambres de Réunion qui doivent faire reconnaître aux dépens de ces territoires leur vassalité. En un premier temps, les Pays-Bas qui viennent de sortir du conflit avec la France en 1678, et l’Autriche qui a les Ottomans aux portes de Vienne ne peuvent intervenir et conviennent d’une trêve, la Trêve de Ratisbonne de 1684 qui reconnaît à Louis XIV les territoires ‘réunis’.
Décrets après décrets, les villes, châteaux, comtés, baronnies, seigneuries et autres baillages de ces derniers sont ‘réunis ‘. L’Espagne isolée ne peut que faire de même. Mais la Hollande et l’empire vont quand même former en 1686 La Ligue d’Augsbourg.
La Guerre de la Ligue d'Augsbourg 1689-1697
La Guerre de la ligue d'Augsbourg (1689-1697), appelée aussi Guerre de Neuf Ans, Guerre de la Succession Palatine ou Guerre de la Grande Alliance, entame un long conflit entre la France et l’Angleterre et marque le début de la grande rivalité qui va opposer les deux pays jusqu’au XIXe siècle. En 1689, Guillaume d'Orange-Nassau (1650-1702), stathouder des provinces de Hollande et Zélande (et non des sept provinces), accède au trône d'Angleterre sous le nom de Guillaume III en épousant en 1677 la fille de Jacques II, Marie II Stuart (1662-1689-1694), qui allait régner avec lui.
Situer
Guillaume avait notamment accepté cette alliance parce qu'il voulait que l'Angleterre lutte à ses côtés contre le roi de France. Il meurt à Fontainebleau en 1701. Son abandon du trône pendant La Glorieuse Révolution amena sa fille et son gendre au pouvoir. Les Pays-Bas Espagnols deviennent une région intense de combats, de même que dans une Catalogne en révolte. Barcelone tombera en 1697. Malgré cette puissance coalition de quasiment toutes les puissances européennes contre la France et la puissante flotte anglo-néerlandais, la France teint bon. Il reconnait la légitimité de Guillaume III. Notes [1] Pour la Première Défénestration de Prague voir la révolte en 1419 des Hussites, partisans de Jean Huss, précurseur de la Réforme, condamné au bucher en 1415 au cour du Concile de Constance. (voir T 2, V1/ Réforme Radicale/Hussites de Moravie) [2] Grand mais pas par la taille. Les habitants devront prouver par des actes qu’ils sont propriétaires de leurs terres ancestrales… Malgré le Traité de paix de 1679, signé à Nimègue entre l’empereur du Saint-Empire-Germanique Leopold et le roi Louis XIV, celui-ci décide, sans aucune déclaration de guerre, de s’approprier la République de Straßburg» (https://alsaciae.org/histoire-chronologique-de-lalsace/) [4] Les sources varient sur la valeur (fluctuante?) de la livre tournoi (fondu à Tours) sous Louis XIV: «1651-76, 1livre=7,53»g d’argent = 2,37€ (1701-25,1L=5,49g=1,73€) (http://www.histoirepassion.eu/?Conversion-des-monnaies-d-avant-la-Revolution-en-valeur-actuelle) ou lien «la livre tournois en 1709 valait 0,38 gr d’or fin» (Wikipédia/Livre Tournois).
Comprendre
Louis XIV, en effet, poursuivait sa politique expansionniste et, par ailleurs, se refusait à cautionner la montée sur le trône d’Angleterre d’un roi qui ne soit pas un Stuart. Elle avait soutenu Marie-Stuart qui, élevée en France, avait été reine d’Écosse de 1443 à 1667, reine d’Angleterre de 1558-1559 en succédant à Marie 1 ère Tudor et de par son mariage avec François II, fils de François Ier , reine consort de France en 1659-60. Aucune issue d’un côté comme de l’autre ne se dessinant, en 1697 est signé le Traité de Ryswick entre la France, les Provinces-Unies, l'Angleterre et l'Espagne, puis l’Empire. Condé, cousin de Louis XIV, était de petite taille, mais n’en était pas moins un grand séducteur. Ses troupes seront battues par celles de Turenne à la Bataille des Dunes en 1658. [3] «À la fin de la guerre de Trente Ans, l’Alsace est exsangue. Il ne reste plus que 250.000 habitants. Si 1livre valait 2,37€, au moment de la vente de Dunkerque, 5 millions de livres équivaudraient à 11 850 000 euros. [5] Guillaume III était le fils de Guillaume II et de Marie-Henriette d’Angleterre, fille de Charles Ier et fille de Henriette-Marie de France (fille de Henri IV) et sœur de Charles II. [6] Et non l’ensemble des territoires de la Nouvelle-Nederland qui deviendra possession de la Nouvelle-Angleterre par le second Traité de Westminster en 1674. Ne pas confondre avec sa fille Élisabeth-Charlotte d’Orléans, épouse de Léopold Ier .
Retenir
Jacques II Stuart, fils de la dernière fille d’Henri IV, Henriette-Marie de France, tante de Louis XIV, s’était alors réfugié en France après sa déposition en 1688. La France avait toujours soutenu la Maison Écossaise contre les Anglais. En 1689, l’Espagne, s’alliant à la Ligue, déclare la guerre à la France. Les troupes espagnoles sont défaites à la Bataille de Fleurus en 1690, et à la Bataille de la rivière Ter (Catalogne) en 1693. Louis XIV rend les territoires occupés sauf Longwy et Strasbourg dont il avait directement pris possession en 1681 à la tête de son armée. Les Provinces-Unies obtiennent des avantages commerciaux dans les ports français. Chef de la Fronde des Nobles (1648-1653), il va s’allier à l’Espagne. La population a été décimée par les massacres [luthériens et suédois], les épidémies et la famine. L’Alsace a perdu la moitié de ses habitants. La moitié des habitations sont détruites… En créant les Chambres de Réunion en 1678, Louis XIV tentera de s’approprier du reste de l’Alsace. La Nouvelle-Nederland était ‘coincée’ entre la Virginie (qui deviendra possession royale à la fermeture de la compagnie du même nom) et La Nouvelle-Angleterre, berceau des États-Unis. [7] Sur cette révolte et cette guerre voir Claude Reynaert Révolte des Chenapans Revue du Nord Année 1972 213 pp. 151-172 (Persée). [8] Pour son œuvre littéraire voir Littérature/Allemagne.
Les colonies
La colonisation du XVIIe siècle prolonge les découvertes du siècle précédent, mais elle change de nature : les Européens ne cherchent plus seulement des routes ou des comptoirs, ils construisent des territoires, des plantations, des ports et des réseaux commerciaux durables.
Empires ibériques
L’Espagne et le Portugal conservent d’immenses possessions, mais leur suprématie est contestée par les puissances du Nord.
Colonies anglaises
Virginie, Plymouth et Caroline montrent une colonisation de peuplement liée aux dissidences religieuses, au commerce et aux compagnies.
Colonies françaises
Canada, Québec, Antilles et routes atlantiques placent la France dans une compétition maritime et économique croissante.
Les colonies ne sont pas un chapitre séparé des guerres : elles en sont souvent l’un des enjeux invisibles.
Le XVIIe siècle prépare les grands affrontements coloniaux du XVIIIe siècle, lorsque commerce, marine et empire deviennent indissociables.
Les Colonies Espagnoles
Les territoires constituant dans le Nouveau Monde, la Nouvelle-Espagne, ont été conquis au XVIe siècle est constitue une vice-royauté qui instaurée dès 1535 disparaitra en 1821 avec la proclamation de l’indépendance du Mexique. Elle est de ce fait parfois appelée ‘Vieux Mexique’ qui englobait au nord les territoires qui deviendront après avoir conquis leur indépendance les états de Californie, Arizona, Nouveau-Mexique et Texas.
Situer
Au sud du Mexique, la colonisation espagnole qui s’est étendue aux actuels Guatemala, Pérou, Saint-Domingue et Cuba prendra fin avec les guerres d’indépendances au début du XIXe siècle. Paradoxalement, durant le XVIIe siècle, les richesses qui continueront d’arriver d’outre-mer par la ‘Flotte des Indes’ et le ‘Galion de Manille’ (voir Événement Majeurs Généraux/ Les Compagnies), argent, or pierres précieuses, perles, épices, sucre, tabac, soie, bois exotiques, produits alimentaires, sera un des facteurs de son déclin économique.
Comprendre
Pour conserver ses possessions, l’Espagne sera en conflits avec les puissance européennes désireuses, souvent par l’intermédiaires de leurs pirates, notamment l’Angleterre, d’établir des colonies à buts commerciaux. Le royaume vivant de cette manne n‘éprouvera pas le besoin de développer des moyens de productions permettant d’assurer un enrichissement pérenne et une concurrence sérieuse vis-à-vis d’autres pays qui, comme la France, les Pays-Bas et l’Angleterre, entreprirent de le faire.
Retenir
Quant aux Indes Occidentales, Los Indias Orientales Españolas regroupant les Philippes et Guam et les îles environnantes, possession espagnoles en 1565, elles deviendront possessions des États-Unis sortis vainqueurs de la guerre hispano-américaine de 1888.
Les Colonies Portugaises
Avec Henri Le Navigateur (1394-1460), fils du roi João Ier , le Portugal fut le premier pays européen à lancer des expéditions pour la découvertes de nouvelles terres et de nouvelles richesses (or, épices). La colonisation, commencée par la création de comptoirs commerciaux côtiers suivie de leur fortifications défensives, va s‘étendra à l’intérieur sur de vastes territoires.
Après les découvertes de Madère en 1420 et du Cap Vert en 1462, les possessions portugaises vont occuper les côtes ouest et est de l’Afrique, plus tard le Mozambique (1506) Angola (1571) A l’est, au-delà du Cap de Bonne-Espérance sera créé l'Estado da India. En 1622, aidés des musulmans, les Anglais prirent Hormuz avec son détroit stratégique (Golfe persique). Goa était devenue indienne en 1962 et Macao sera chinoise en 1999.
En 1509, Magellan arrivait déjà en Cochin (Côte de Malabar, Kérala); en 1530,la capitale de la vice-royauté fut installée à Goa. Là aussi, l’esclavage, l’exploitation d’hommes et de femmes, tint un rôle primordial dans l’exploitation des terres. La flotte néerlandaise attaqua durant la première moitié du XVIIe siècle aussi bien Macao que le Mozambique, l’Angola, le Brésil, Malacca, Colombo, Cochin.
Furent fondés les comptoirs de Macao en 1557 et de Nagasaki en 1571 puis de Java et Sumatra A l’ouest, le Brésil commença à être colonisé en 1532. La concurrence était rudes entres les différentes compagnies des puissance maritimes (voir ci-après Compagnies). L’empire commença de s’effriter. Au XXe siècle, ce qu’il restait des possessions africaines furent l’objet de luttes sanglantes pour leur indépendance; L’indépendance du Mozambique et de l’ Angola fut reconnue en 1975.
Les Portugais durent faire face aux ambitions territoriales française entre 1523 et 1631, et hollandaises entre 1630et 1654. Sa principale richesse, avec Madère, était le sucre. Les ports étaient systématiquement attaqués par les pirates anglais et français et particulièrement hollandais. Le déclin se poursuivit au XVIIIe siècle par la perte de ports aussi bien que par la contrainte de la part des Français, Anglais et Néerlandais de concessions commerciales particulièrement défavorables.
Colonies Anglaises
Cette section sert de repère dans l’organisation générale de la page.
Situer
Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.
Virginie
La première colonie s’était installée en 1607 en Virginie à Jamestown. Elle disparut en 1694 à la suite de son incendie au cours d’une révolte connue sous le nom de ‘Révolte de Nathaniel Bacon’; révolte qu’avait menée contre le gouverneur William Berkeley, un regroupement d’anglais, d’indiens et d’esclaves africains.
Jamestown n’aura été la capitale de la Virginie qu’en 1699, date à laquelle le siège du gouvernement est déplacé à Williamsburg (Middle Plantation) fondée en 1632.
C’est en Virginie qu’arrivent en 1619, les premiers esclaves africains amenés par un bateau hollandais (voir Traite des Noirs).
La Virginie fut l’un des treize premiers états et joua un rôle de premier plan dans la création des États-Unis.
Sur les cinq premiers Présidents, quatre sont originaires de Virginie dont Washington et Jefferson.
Plymouth Colony
En 1620, les Pilgrims Fathers, puritains, qui forment la secte la plus connue des Dissenters (dissidents de l’Anglicanisme) s’installent en Nouvelle-Angleterre avec à leur tête William Bradford. Ils débarquent d’un navire marchand, le Mayflower, sur les côtes du Massachusetts et fondent la deuxième colonie anglaise, la Colonie de Plymouth.
Situer
Au cours de la traversée, les hommes signent un accord connu sous le nom de Mayflower Compact qui définissait la forme de gouvernement qui régirait leur communauté. Au premier repas de 1621, des membres des tribus des Wapanoagas et leur chef, le Sachem Philip (King Philip) furent conviés. En 71 ans, en 1691, la colonie va fusionner avec celle de la Baie de Massachusetts pour former la province de la baie de Massachusetts «Outre Thanksgiving, l'héritage de la colonie de Plymouth, relativement éphémère, réside dans l'esprit d'indépendance, d'autonomie gouvernementale, de volontariat et de résistance à l'autorité des pèlerins qui ont été le fondement de la culture américaine à travers l'histoire [1] ».
Comprendre
Cette forme de gouvernement servira de base aux futurs gouvernements des États-Unis. La colonie de Plymouth est connue pour être la première à avoir instauré la tradition du Thanksgiving (Action de Grâce), à l’origine fête de la moisson célébrée en novembre pour remercier Dieu de la récolte.
Retenir
Ces pèlerins s’étaient exilés pour pouvoir pratiquer librement leur religion. Les Américains leur doivent le premier amendement de leur constitution: la liberté d’expression qui sous-entend la liberté de culte. Ils apportèrent des dindes, plat devenu le plat traditionnel de cette fête (voir Angleterre/ Guerre Anglo-Amérindiennes).
Province de Caroline
La province de Caroline, du nom de Charles Ier , réunissait à l’origine la Caroline du Sud et celle du Nord. En 1627, Robert Heath, calviniste convaincu, membre de la commission du Tabac pour la Virginie, reçoit de Charles Ier une concession au sud de la colonie de Virginie.
A partir de 1653, par l’arrivée de colons de Virginie et de Nouvelle-Angleterre, de planteurs déjà riches venus des Bermudes et de La Barbade avec des centaines d’esclaves pour acheter des terres, la concession va s’étendre en trois autres colonies: Albemarle et Fear, au nord et Charleston au sud qui, grâce à sa situation vers les Caraïbes, se développa rapidement et devint le siège du gouvernement de la province.
En 1663, au début de la Restauration, Charles II promulgue une charte (anciennement chartre) qui établit les frontières de la province, de la Virginie au Nord à la Géorgie au Sud, et donne pleine propriété à huit grands du Royaume pour leur loyauté pendant la Guerre Civile. La Guerre des Yamasee, en 1715-16 opposa les colons de Caroline du Sud à plusieurs tribus amérindiennes (Yamasee, Chirokee, Apalache) qui vivaient sur le territoire de l’actuelle Géorgie.
Ils prennent le titre de Lords-Proprietor. La séparation entre Caroline du Nord et Caroline du sud intervint dans la première décennie du XVIIe siècle, à cause de dissensions au sujet de l’établissement ou non d’une Église anglicane, dans les choix des officiels à élire; dissensions auxquelles vinrent se greffer les guerres avec les Amérindiens. En 1732, par décision du roi Georges II, la Géorgie, du nom de Georges II, jusqu’alors dépendante de la Caroline du Sud devint indépendante.
Ces nobles vivent en Angleterre et louent leur terres; Le seul gouverneur à vivre sur place est celui de Virginie, William Berkeley, un ancien ‘Cavalier’ de la Guerre Civile (voir Angleterre/ 1 ère Guerre Civile) qui intensifia la culture du tabac et fit venir en masse les esclaves d’Afrique. Les tribus furent décimées et les colons occupèrent les terres.
Colonies françaises
Au XVIe siècle, en 1523, Giovanni a Verrazzano avait exploré pour le compte de la France les côtes de l’Amérique du Nord de la Caroline jusqu’à Terre-Neuve. En 1535 et 36, Jacques Cartier (†1557) découvrait le golfe du St Laurent et remontait son fleuve et établissait un camp de base à Stadaconé, actuelle région du Québec.
Situer
Un indien lui révèla comment guérir son équipage du scorbut avec de la tisane d’anneda (du cèdre blanc). Certains prennent campement pour sécher la morue dans ce qui deviendra l’Acadie (nord du New Brunswick, rive sud du St Laurent) avec pour capitale Port Royal. En 1599, Henri IV donna le monopole du commerce de fourrure à François Dupont-Gravé et Pierre de Chauvin, deux personnages qui, avec Pierre Dugua de Mons et Samuel Champlain, seront ceux qui auront vraiment fondé la Nouvelle-France avec pour capitale Québec.
Comprendre
Lors de son second voyage en 1540, il s’installa un temps à Hochegala, future ville de Québec. Mais les pêcheurs, eux, continuent à venir pêcher la morue dans les eaux de Terre-Neuve. Ils font le commerce de peau avec les indiens en échange d’outils et autres produits manufacturés.
Retenir
Les expéditions de J. Cartier et de Rocque de Roberval (Voir Renaissance./Introduction Générale/Au-delà des Mers) ayant été décevantes (elles n’ont rapporté aucun métal précieux), les successeurs de François Ier vont se désintéresser du Canada. Tadoussac sera le premier comptoir français pérenne.
Samuel Champlain et le Québec
Samuel de Champlain (ca 1570-1674). Sur ce que l’on sait de sa jeunesse, il est né à Brouage (Charente-Maritime) et a reçu une formation de cartographe dans la marine royale.
En 1595, il participe à la huitième et dernière Guerre des Relions dans les troupes d’Henri IV. Le roi lui verse une pension. En 1603, il entame son premier voyage pour le Canada dans l’expédition que mène François Gravé qui, depuis vingt ans, fait le commerce des fourrures dans le Saint Laurent jusqu’à Trois-Rivières (entre Québec et Montréal). Avec ses vingt huit hommes et des indiens, il construit une petite forteresse qu’il appelle «L'Abitation de Quebecq». Il aura entretenu des relations avec les Hurons, les Iroquois et les Algonquins et exploré avec eux de nouvelles régions. En 1629, il est nommé Commandant de la Nouvelle-France.
En 1598, il s’embarque pour deux ans dans une expédition aux Antilles et au Golfe du Mexique que mène son oncle maternel Guillaume Allène, dit le «capitaine provençal», qui est au service des rois d’Espagne. De retour la même année, il publie Des Sauvages, ou Voyage de Samuel Champlain, de Brouage fait en la France nouvelle, l’an mil six cent trois”. Il écrira «Je cherchai lieu propre pour notre Abitation, mais je n'en pus trouver de plus commode, ni mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des Sauvages, laquelle était remplie de noyers et de vignes». Pendant son onzième voyage, en 1627, Richelieu crée la Compagnie des Cent-Associés (voir Compagnies Maritimes).
Esprit aventureux, il va jusqu’à Mexico puis au Panama pour lequel il aurait envisagé de relier les deux océans par un canal. Sa mission est de cartographier la région du Saint Laurent, de son embouchure à Hochelaga, qu’il appelle le Grand Sault Saint Louis. Au cours de son troisième voyage de 1608 à 1609, il va fonder Québec. Il a pour mission d’établir un comptoir permanent. A partir de là se développera un colonie le long des berges du St Laurent. En tout, il aura effectué douze voyages. Il est blessé au coup par une flèche lors d’affrontements avec les Iroquois dans son quatrième voyage. Il meurt d’apoplexie (AVC) en 1635 à Québec.
En 1601, à son retour en France, son oncle meurt après avoir fait delui son héritier. Il présente un Brief Discours dans lequel il fait part de ses observations sur la flore, la faune et les peuples qu’il a rencontré. En 1605, il part pour une nouvelle expédition et de nouvelles cartographies de l'Île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, de la Baie de Fundy entre Nouvelle-Écosse et Nex-Brunswick et du Cap Cod, dans le Massachusetts. Champlain va n’avoir de cesse de faire les allers-retours Québec-France. Au cours de son septième voyage, il aura exploré la région des grands lacs. Champlain comme Richelieu en est membre et actionnaire.
Les Découvertes
Au XVIIe siècle, les Européens poursuivent de leur découverte. Le but des expéditions maritimes est d’ordre économique et religieux.
Situer
Elles ne seront d’ordre scientifique qu’au siècle suivant. La même année, il découvre la baie qui porte son nom. En 1642-43, Albel Tasman découvre la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et les Îles Tongua et Fidji.
Comprendre
Les navigateurs explorent l’Océan Pacifique où ils découvrent des îles comme Tahiti ou l’Australie et découvrent également l’Arctique et l’Antarctique.
Retenir
En 1607, Henry Hudson explore le Grand Nord. En 1610, il explore l’Island et le Groenland. En 1681-82, René Robert Cavelier de La Salle descend le Mississippi.
Les Corsaires
Aux XVII et XVIIIes siècles, on appelle Guerres de Courses, la poursuite, l’abordage et la saisie de bateaux ennemis par des Corsaires. Il existe deux types d’abordages: L’abordage en belle qui consiste à placer un navire bord à bord avec l’adversaire, et L’abordage de franc étable qui consiste à présenter son étrave à l’adversaire.
Au contraire des pirates, les corsaires n’agissent pas pour le leur propre compte mais son au service de leur roi. On connaît sa célèbre réplique à un officier anglais. L’officier lui ayant dit dédaigneusement que les Français se battaient pour de l’argent, tandis que les Anglais, eux, se battaient pour l’honneur, Jean Bart lui répliqua: «Chacun se bat pour ce qui lui manque».
Ils gardent une partie du butin. Jean Bart, un temps engagé dans la flotte néerlandaise pour combattre les Anglais, sera celui qui aura mené le plus de courses contre les navires marchands hollandais pour le compte de Louis XIV. Les corsaires ont été fort nombreux au XVIIe siècle. Certains d’entre eux se mirent au compte des Barbaresques (musulmans de la côte nord-africaine), entre autres les Hollandais Jan Marinus van Sommelsdijk et Simon Dansa (Zymen Danseker), et l’Anglais John Ward.
Jean Bart (1650-1702) est le grand corsaire français du XVIIe siècle. Il reste entre autres célèbre pour sa victoire à la Bataille du Texel (1694 Guerre de La Ligue d’Augsbourg). James Erisey et William Parker († 1618) furent associés au grand pirate anglais du XVIe siècle Francis Blake (1540-1596). Notes [1] Citation et pour en savoir plus sur la Colonie de Plymouth: https://www.greelane.com/fr/sciences-humaines/histoire-et-culture/history-of-the-plymouth-colony-4158197/
René Duguay-Trouin et Robert Surcouf seront ceux du siècle suivant. Il n’n’aura pas saisi moins de 81 bâtiments. Avec sept navires, il attaque une flotte hollandaise d’escorte, les met en fuite et reprend les 170 navires chargés de blé achetés par la France à la Norvège et dont les Hollandais s’étaient emparés.
L’économie
L’économie du XVIIe siècle oscille entre crises, reconstructions et innovations. Les États cherchent à renforcer leur puissance par les manufactures, le commerce maritime, la banque et une intervention plus directe dans la production.
Produire
Les manufactures permettent aux États de réduire leur dépendance aux importations et de contrôler des productions stratégiques.
Commercer
Le commerce maritime relie les ports européens aux colonies, aux comptoirs et aux routes océaniques.
Financer
Banques, compagnies et innovations financières donnent aux puissances maritimes des moyens nouveaux.
L’enrichissement du royaume passe par l’accumulation, l’exportation, la protection douanière et le contrôle de l’État.
En France, Colbert donne à cette logique une forme administrative, industrielle et maritime très structurée.
L’Économie Européenne
Au milieu du XXe siècle a circulé une théorie «qui postulait le XVIIe siècle comme un siècle de crise, au cours duquel le système féodal, tant sur le plan économique que politique ou culturel, a été remplacé par un système moderne impliquant (selon des points de vue différents) le capitalisme, l'absolutisme et la révolution industrielle». Cette théorie est contestée entre autre par le fait qu’une crise se définit par caractère éruptif et sporadique.
Certes la Guerre de Trente Ans entraina un désastre des économies des puissances engagées. Il est a constatée qu’au plan mondiale, les révoltes populaires à travers le monde proliférèrent. «En Chine, le nombre de soulèvements armés majeurs est passé de moins de dix dans les années 1610 à plus de soixante-dix dans les années 1620 et à plus de quatre-vingts dans les années 1630, touchant 160 comtés et impliquant bien plus d'un million de personnes. La fragmentation confessionnelle provoquée par la Réforme a aussi eu des conséquences au plan économique. L’Europe du Sud est catholique et conserve une économie essentiellement agraire. Depuis le Moyen-âge, les outils ont peu évolué et la charrue n’est pas d’un emploi si fréquent. Les ressources industrielles sont toujours principalement celle de la métallurgie et du textile. Mais ce mode de production va tendre à une production industrielle par le regroupement des ateliers en manufactures.
Le XVIIe siècle fut pour l’Espagne un siècle de profond déclin économique et la France de Louis XIV connut plusieurs passes particulièrement difficiles au point qu’il fallut un moment donné que soit fondu l’argenterie de Versailles pour financer une guerre. En Russie, une vague de rébellions en 1648-1649 a ébranlé le gouvernement central jusque dans ses fondements; Sur les vingt-cinq grandes révoltes paysannes recensées en Allemagne et en Suisse au XVIIe siècle, plus de la moitié ont eu lieu entre 1626 et 1650; le nombre total d'émeutes de la faim en Angleterre est passé de douze entre 1600 et 1620 à trente-six entre 1621 et 1631, avec quatorze de plus entre 1647 et 1649. Mais bien que restant basée sur les ressources de l’agriculture, l’événement majeur du XVIIe siècle en matière économique, est la montée en puissance d’une classe bourgeoise qui a développée de manière intensive le commerce, particulièrement dans les Provinces-Unies, classe gouvernante qui donnera là naissance au capitalisme.
Mais le développement du mercantilisme protectionniste, les revenus qu’apportèrent les grandes compagnies, la mise en œuvres des manufactures et la création d’une banque comme La Banque d’Angleterre furent des remparts à un effondrement généralisée de l’économie européenne. En France, enfin, les révoltes populaires ont atteint leur apogée, tant absolue que relative, au milieu du XVIIe siècle.» (Santosh Kumar Rai opus cité Université de Delhi voir France/ Monarchie Absolue) Cette instabilité conjoncturelle est venue s’inscrire en Europe dans une profonde cassure religieuse. Les pays européens sont essentiellement agricoles. La population est en grande majorité campagnarde (90%) et bien que produisant essentiellement des céréales (blé, orge, seigle), elle connait de façon récurrente des périodes de disette sinon de famine.
Dans son ouvrage Le Siècle de Louis XIV qu’il écrivit pour Mme du Châtelet qui s’ennuyait profondément, Voltaire intégra cette théorie de crise séculaire généralisée européenne à une crise mondiale. Au Japon, une quarantaine de révoltes (hoki) et deux cents soulèvements ruraux de moindre envergure (hyakushoikki) ont eu lieu entre 1590 et 1642 — un total inégalé depuis deux siècles — et le plus grand soulèvement, à Shimabara sur l'île de Kyushu en 1637-1638, a impliqué quelque 25 000 insurgés. Pour fixer les idées, l’Europe du Nord est protestante (luthérienne, calviniste, presbytérienne) et tend à développer une économie de commerce qui amorce le capitalisme? Le bétail est peu important et faute d’engrais la pratique de l’assolement triennal est courante. La production manufacturée vient encore essentiellement des ateliers.
Manufactures et Industrie
Cette section sert de repère dans l’organisation générale de la page.
Situer
Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.
Les manufactures françaises
Les Manufactures françaises En 1601, Henri IV souhaitant d’importantes économie sur l’achat de tapisserie étrangères, notamment flamandes, fait venir de Flandre, les lissiers flamands Marc de Comans et François de La Planche pour qu’ils ouvrent une manufacture de tapisserie sise faubourg Saint-Marcel. A cet emplacement (à cheval sur 5 ème et 13 ème arrondissements actuels), sur la rive droite de la Bièvre le teinturier Jean Gobelin, célèbre pour son rouge écarlate avait développé une teinturerie.
La manufacture va porter son nom mais au pluriel compte tenu du nombre importants des membres de sa famille qui participèrent au développement de cette industrie. En 1664, Colbert fait ouvrir La manufacture de Tapisserie de Beauvais. L’ouverture de ces manufactures royales ne privent pas les autres ateliers de commandes; En 1630, Paris en compte: l 'atelier de tapisseries de l'hôpital de la Trinité, rue Saint-Denis fondé en 1551 et qui restera en activité tout au long du XVIIe siècle, l'atelier de la Grande Galerie du Louvre, atelier de haute lisse dirigé par Maurice du Bourg qui dirigeait l'atelier de tapisseries de l'hôpital de la Trinité en 1584, l'atelier du faubourg Saint-Germain ouvert en 1633 par Raphaël de La Planche, le fils d’un des fondateurs des Gobelins (voir Catalogue des pièces exposées au musée de la Manufacture Nationale des Gobelins 1930).
En 1606, toujours sur volonté royal, Henri IV, la Galerie du bord de l’Eau devient un foyer bouillonnant d'artistes et artisans, au grand dam des confréries. Les tapisseries qui en sortent présentent une nouveauté pour l’Europe: «Le point noué, permettant de tisser "des tapis veloutés façon du Levant"». (Hugues Menes Conférencier à la manufacture des Gobelins Les Manufactures Nationales Des Gobelins, De Beauvais Et De La Savonnerie).
En 1627, sur ordre de Louis XIII est fondée une nouvelle manufacture sur la colline de Chaîllot dans une ancienne savonnerie que Marie de Médicis avait aménagée en orphelinat. Elle fermera à la Révolution. En 1665, Louis XIV décide que soit relancée la production des ateliers de la ville d’Aubusson déjà en actifs au XVIe siècle mais à la production en déclin en les regroupant en une Manufacture Royale. Déjà utilisée en Ardenne des le Moyen-âge, cette technique du partage de bief consiste à créer un bief écluse entre deux portions d’un même canal ou reliant deux cours d’eau sur la ligne de partage de leur eau.
Les lissiers du nom de Pierre Dupont et Simon Lourdet va mettre à profit cette jeune main-d’œuvre. La manufacture portera le nom de Manufactures Royale de La Savonnerie. Contrairement à la manufacture des Gobelins les commandes viennent du privé et non du Roi. A noter qu’en 1605 débute le creusement non du premier canal de transport fluvial creusé en France, mais le premier canal à bief, le canal de Briare reliant la Seine et la Loire.
L’industrie en Angleterre
L’Industrie en Angleterre Depuis l’époque médiévale, l’Angleterre a bénéficié de deux ressources importantes qui favorisa son commerce extérieur, le travail de l’étain, notamment en Cornouailles, et la fabrication des tissus de laine. Il existe des manufactures (ateliers) implantées dans les villes mais en petit nombre.
Situer
Elle tient sa richesse de son commerce maritime et de ses colonies.
Comprendre
C’est au XVIIIe siècle que l’Angleterre va être le berceau de la Révolution Industrielle que l’on fait débuter en 1760-70 et dont les deux moteurs seront «la mécanisation de la filature du coton et la maîtrise de la technologie de la houille acquise par la métallurgie anglaise au terme de longs tâtonnements». le moteur financier sera la création de la Banque d’Angleterre en 1694, première banque centrale et de dépôt «Le taux d’accumulation de capital, résultant des bénéfices et de l’épargne, était suffisant pour financer le commerce extérieur, la reconstruction de Londres après le feu de Londres (1666), la construction navale (les chantiers de Chatham).»
Le Commerce
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Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.
Le Commerce Maritime
Au siècle précédent le commerce maritime s’est largement intensifié avec l’importation de produits exotiques venus du Mexique, Pérou, Caraïbes [1] (sucre, cacao, tabac), des côtes africaines (Sénégal, Cap vert…) et de l’Asie (soie, épices). Le XVIIe siècle va poursuivre dans cette voie la création de nombreuses compagnies.
Situer
Venise a perdu sa grande hégémonie séculaire sur le commerce méditerranéen, principale plaque tournante (avant l’Espagne) qu’elle était entre les côtes d’Afrique et du Moyen-Orient et les grands ports du Nord comme Amsterdam et Anvers.
Comprendre
Avec les Anglais, les hollandais dominent les mers qui mettent en place de par ce commerce une économie qui donnera naissance au capitalisme. Au cours du siècle, 2,75 millions d’Africains sont déportés au Nouveau Monde. Si sa vocation première est l’importation, le développement de l’exportation, notamment de produits manufacturés, va permettre la mise en place une nouvelle politique économique le Mercantilisme, une politique économique qui favorise le commerce et particulièrement le commerce extérieur et tend à réduire les importations.
Retenir
Mais les ports français de la côte atlantique (Bordeaux, Nantes) tirent profit du commerce triangulaire entre Europe, Afrique et Nouveau Monde, particulièrement de la Traite des Noirs. Le commerce maritime n’est pas à sens unique.
Le mercantilisme
«Le mercantilisme du XVIIe siècle est une théorie et une pratique économiques qui soulignent l'importance de la régulation gouvernementale de l'économie pour renforcer la puissance nationale en maximisant les exportations et en minimisant les importations» «Jusque là [au XVIII e s.] la pensée économique a été orientée par le mercantilisme, c'est-à-dire par une doctrine selon laquelle la prospérité des nations repose sur la possession des métaux précieux». (G.Vedel, Manuel Droit Constitutionnel 1949) «Le mercantilisme postule (...) le dynamisme économique, la volonté d'expansion extérieure et de concurrence internationale à partir de solides bases nationales, l'aspiration à la croissance, et débouche sur l'interventionnisme de l'État». (Encyclop. univ. t. 10 1971, p. 803) «Les inventeurs du mercantilisme sont sans conteste les hommes d’État anglais, tel Burghley, lord trésorier de la reine Élisabeth. Protectionnisme économique, politique industrielle, promotion du travail.
Toutes les grandes affirmations du «colbertisme» sont déjà fortement exprimes en Angleterre près d’un siècle auparavant…Les économistes du XVIIIe siècle estimeront que leurs prédécesseurs attribuent au commerce un rôle trop important. Il préconise d’un développement de l’industrie accompagnée d’une réorganisation des coopératives afin d’assurer au pays (ici la France) une puissance économique.
L’idéal mercantile, né en Angleterre consiste à vouloir que l’État soit vendeur et non acheteur. Un autre précurseur, sur lequel Colbert prendra plus qu’exemple est Barthélemy Laffemas, nommé Contrôleur Général du Commerce en 1600 par Henri IV. A long terme le mercantilisme du XVIIe siècle va passer d’une pratique commerciale fortement réglementée à l’ouverture de marchés plus autonomes dans une évolution qui annonce les systèmes économiques modernes, jetant les bases de commerciaux mondiaux.
Tout d’abord, on accroît ainsi le stock des métaux précieux… rappelons l’incroyable anarchie monétaire de l’poque. Laffemas va convaincre ce dernier de pratiquer une politique économique centraliser où l’état. C’est une des caractéristiques du mercantilisme doit jouer au pouvoir central un rôle majeur.
Comment payer la balane commerciale autrement qu’en monnaie internationale, c’est-à-dire l’or?» (Inès Murat Colbert, Fayard 1980) L’économiste italien Antonio Serra (1568-1620) fut un des premiers défenseurs du mercantilisme par l’intérêt qu’il porta au rôle importante de la balance commerciale (biens, services et capitaux) dans l’économie d’un pays. «Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen du commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale grâce à l'investissement dans des activités économiques à rendement croissant, comme l'avait identifié l'économiste italien Antonio Serra dès 1613 [Breve trattato delle cause che possono far abbondare li regni d’oro e d’argento dove non sono miniere, Bref traité sur les causes qui peuvent faire abonder les royaumes d'or et d'argent là où il n'y a pas de mines]». (https://groups.google.com/g/fr.soc.economie/c/eZ8XWzIl05).
Le colbertisme
La Colbertisme [2] est un «mercantilisme à la française» [3] ; un mercantilisme que l’État prend en main et qu’il ne laisse pas au gré d’une classe sociale. «C’est la nation tout entière et non une oligarchie marchande qui doit bénéficier d’une politique voulue et dirigée par le Gouvernement». Pour Colbert, la puissance économique doit être autant recherchée que la puissance territoriale. «La guerre économique vaut la guerre militaire».
Situer
Poussant à l’extrême les conséquences du mercantilisme, son protectionnisme devint de plus en plus intransigeant.
Comprendre
Il aura poursuivi la politique de Laffemas et de Richelieu. «Jamais un système économique n’a été appliqué avec autant d’énergie et sur toute l’étendue du royaume.
Retenir
Nulle part qu’ailleurs, le mercantilisme n’a été un facteur d’unification nationale».
La Banque
La société commerciale qui associait les marchands dans une même entreprise, un marchand et un capitaine de navire par exemple, était apparue au XIe siècle. Le titre financier est apparu au milieu du XIIIème siècle; la lettre de change et son inverse, le billet à ordre, sont apparus dans la seconde moitié du XIVème siècle.
La place de change la plus importante fut d’abord, au début du XIVème siècle, Bruges qui alors bordée par la mer voyait accoster les navires affrétés par les Vénitiens et chargés des cargaisons venues d’Asie Mineure. En 1568, a commencé la Guerre de Quatre-Vingts Ans, guerre de révolte contre la domination espagnole. En 1579, l’Union d’Utrecht voit l’unification des Pays-Bas espagnols dont l’autonomie de fait sera entérinée en 1648 par le Traité de Westphalie. La Banque d’Angleterre (The Governor and Company of the Bank of England) en 1694 et en 1696, Guillaume III d’Orange crée le Board of Trade, un conseil du commerce en charge de promouvoir le commerce extérieur.
Les marchands européens qui étaient désignés sous le nom de nation y avaient leur comptoirs. C’est à Anvers que fut créée la première bourse en 1460. A Anvers est également créée en 1592 la première bourse de cotation des matières première. En 1576, le sac par les troupes espagnoles d’Anvers alors en révolte contre la domination espagnole, épisode connu sous le nom de la Furie Espagnole, révèle malgré la répression l’impuissance de Philippe II a maitriser totalement ses Provinces des Pays-Bas Espagnols. La Banque de France sera créée en 1800.
Ils négociaient entre eux le prix des marchandises en spéculant déjà sur le prix qu’elles auraient dans le pays où elles seraient réexportées. La première en France fut ouverte à Lyon en 1540. La situation instable des Pays-Bas Espagnols a défavorisé Anvers au profit d’Amsterdam. Ce qui entrainera la ruine de la ville et le départ pour Amsterdam tout à la fois des marchands et de leur capitaux et de la moitié de la population (40000 sur 80000). La Banque d’Amsterdam est fondée en 1609 et la Bourse en 1613. La Banque d’Espagne ne sera créée qu’en 1782
Anvers supplantera Bruges au milieu du XVe siècle quand la taille des pierres précieuses ne se fera plus dans le pays d’origine (Inde) mais au pays de destination. Amsterdam supplantera à son tour Anvers comme première place financière au XVIe siècle. La reprise de la ville en 1585 par les troupes espagnoles n’aura aucun effet sur la flotte hollandaise qui bloque le port. Amsterdam va devenir la ville la plus riche du monde. Quant à la banque, qui existe depuis Babylone, elle a vu une évolution significative au XVIe siècle par non seulement la multiplication de ses établissements par de grandes familles de banquiers comme les Médicis, les Strozzi, les Fugger, mais encore par l’apparition de comptes privés.
La Révolution Financière Britannique
En 1694, Guillaume va autoriser à des marchands londoniens whig la création d’un organisme financier indépendant en contre partie d’un prêt de 12000 livres. Cet organisme reçoit le double privilège d’émettre de la monnaie et d’escompter; Ainsi est créée la Banque d’Angleterre, la première banque mondiale à être une banque centrale (avec un réseaux de filiales), d’émissions et d’escompte [4] .
Situer
Ce que ne pouvait faire la principale banque européenne, celle d’Amsterdam. Parmi les fondateurs de la banque l’un des principaux acteurs a été le richissime négociateur d’envergure internationale, William Paterson. Parlementaire en Écosse, il est un whig convaincu (qui soutient le Parlement face au roi) et prend parti dans la Glorieuse Révolution de 1688. Il est le créateur du Système Law qui remplaça la monnaie métallique par le papier-monnaie (billet de banque). Les adversaires du Système Law vont spéculer à la hausse de telles sortes que la valeur de l’action de la compagnie va monter en flèche et que les principaux détenteurs, méfiants vont demander à réaliser en or et argent. Le modèle de Colbert fut le Richelieu dont le célèbre testament de 1640 fut pour lui une référence constante. [3] Pour cette partie et sur l’œuvre de Colbert voir Inès Murat Opus cité/La Guerre Économique 1661-1672. [4] Une banque d’émission émet de la monnaie mais également opère le clearing (solde d’une série de transactions internationales). L’avance est inférieure à la valeur de l’effet, la différence est l’agio, bénéfice de la banque.
Comprendre
La Banque d’Angleterre peut émettre sous le contrôle du Parlement des emprunts publics, par exemple pour l’accroissement de la Royal Navy ou pour tout autre financement de travaux publics d’importance. Tailleur d’origine écossais, William Paterson (1658-1719) établit sa fortune avec le commerce de peau des boucaniers de l'archipel des Bahamas, favorisé en cela par sa fonction de directeur de la confrérie des artisans-tailleurs de Londres. Il est à l’origine en 1717 de la création de La Compagnie Perpétuelle des Indes qui regroupe plusieurs compagnies, Compagnie du Sénégal, Compagnie de Chine, Compagnie du Mississippi et Compagnie de la Louisiane. Il meurt à Venise en 1729. Colbert ne prit pas pour modèle son protecteur (il le fut par l’intermédiaire d’Anne d’Autriche), ayant de lui une considération pour le moins réservée, lui qui en pleine Frondes écrivait à Le Tellier dont il dépendait hiérarchiquement, que l’amant de la reine en toute circonstance ne servait jamais que ses intérêts financiers. Un escompte bancaire est une avance de trésorerie accordée à un détenteur d’un effet de commerce (créance) qu’il cède en contre partie à la banque.
Retenir
La mise en place de tous ses rouages financiers, banques commerciales, banques régionales, assurances, emprunts publics et privés, qui constitue ce que l’on appelle La Révolution Financière va être à l’origine en Angleterre de la révolution Industrielle au siècle suivant et fera de Londres la place financière la plus importante du monde. Un autre financier écossais, John Law Lauriston (1671-1729), jouera un rôle important en France sous la Régence. En 1720, il es nommé Contrôleur des Finances et fusionne la Compagnie Perpétuelle avec la Banque Royale. C’est la banque route. Law s’enfuit et séjourne dans diverses cours européennes sans voir aboutir ses projets. Notes [1] Si au Moyen-Âge, le sucre de cannes provenait du Moyen-Orient, au XVI ème siècle, ce sont les Portugais qui le ramèneront d’Amérique Latine, après que les Espagnoles l’ont cultivé aux Îles Canaries définitivement conquises par eux à la fin du XV ème siècle. [2] Sur la recommandation de Mazarin, Louis XIV nomma Colbert ministre, non premier ministre comme Mazarin le fut auprès du jeune roi, mais ministre de la marine; et il le restera quelle qu’ait pu être par la suite l’importance de son rôle dans la conduite de l’État.
Les compagnies
Les compagnies maritimes sont l’un des grands instruments de la puissance européenne. Elles relient les États, les capitaux privés, les routes océaniques, les comptoirs, les colonies et les monopoles commerciaux.
Compagnies ibériques
L’Espagne et le Portugal héritent des premières routes ouvertes au XVIe siècle, mais peinent à conserver leur avance.
Compagnies hollandaises
Les Provinces-Unies font des compagnies un outil d’expansion commerciale, financière et coloniale redoutablement efficace.
Compagnies anglaises et françaises
L’Angleterre et la France utilisent les compagnies à charte pour s’implanter dans les Indes, en Afrique et en Amérique.
Une compagnie n’est pas seulement une entreprise : elle peut administrer, négocier, lever des fonds, commercer et parfois exercer une forme de souveraineté.
Les empires coloniaux modernes se construisent souvent à partir des zones d’exploitation ouvertes par ces compagnies.
Les Compagnies Ibériques
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Situer
Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.
Les compagnies espagnoles
et portugaises qui avaient été les premières à ouvrir les voies maritimes commerciales au XVIe siècle restèrent sur leurs acquis au XVIIe siècle (voir Renaissance/ Introduction/Commerce Maritime). «Le XVIe siècle européen fut le grand siècle ibérique. Amérique, Philippines, Afrique, Extrême-Orient: Espagnols et Portugais ont établi des liaisons maritimes régulières entre l’Europe et ces régions et jeté les bases d’une première économie mondialisée.» Dans les premières années du XVIe siècle la couronne espagnole organise le monopole du commerce transatlantique avec ses colonies.
Séville, située sur le fleuve Guadalquivir, à 90 km à l’intérieur des terres, est le seul port autorisé à commercer avec le Nouveau-Monde.
En 1565, l’Espagne crée la Flotte des Indes, qui établit un pont maritime régulier avec les Indes Occidentales, et Le Galion de Manille établit, lui, un même pont au-delà du Pacifique d’Acapulco (Mexique) aux Philippines.
La première flotte perdurera jusqu’en 1790 et la seconde jusqu’en 1860.
Ces flottes ramenaient argent, or pierres précieuses, perles, épices, sucre, tabac, soie, bois exotiques, produits alimentaires.
Les compagnies portugaises
En 1498, Vasco de Gama avait ouvert la voie maritime des Indes Orientales par le Cap de Bonne Espérance. Dès 1500, une flotte, appelée Carreira da India, faisait régulièrement le commerce entre Lisbonne et Goa.
Situer
Les marchandises rapportées d’Inde et d’Afrique, propriétés royales, avant d’être expédiées dans les ports de la Flandre, notamment Bruges, étaient stockées dans des entrepôts dont l’administration prit le nom de Casa de Manilla.
Comprendre
Ces marchandises étaient les épices, surtout le poivre très recherché, les pierres précieuses, la soie et la porcelaine de chine, le coton d’Inde. Ils se sont également substitués aux intermédiaires arabes sur les routes commerciales de l’océan Indien et ont capté à leur profit une partie des échanges maritimes en Extrême-Orient.»
Retenir
L’or des Portugais arrivait aussi d’Afrique par la Côte d’Or, de même que l’ivoire par la Côte d’Ivoire et les esclaves étaient embarqués sur la Côte des Esclaves, trois côtes situées dans le golfe de Guinée «Grace à leur maitrise de la navigation lointaine et au réseau de comptoirs qu’ils ont constitué, les Portugais assurent la liaison par mer entre l’Europe et l’Inde.
Les Compagnies Hollandaise
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Compagnie néerlandaise des Indes orientales
Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. En 1602, huit compagnies hollandaises fusionnent pour créer la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales qui est à l’origine du système capitaliste fondé sur la propriété privée et la liberté d’entreprendre.
Situer
A titre de référence, les colonisateurs espagnols du Nouveau-Monde devaient attendre l’autorisation royale pour constituer une flotte, ouvrir de nouvelles terres (tieraferma) et de nouvelles exploitations (encomienda). A partir de 1650, ce sont le coton, la soie, la laque, la porcelaine, le riz, le sucre et le café qui sont exportés. L’instabilité de la situation face à la chine, la corruption de ses agents et la guerre hollando-anglaise (1780-1784) va finir par avoir raison du sort de la compagnie.
Comprendre
De même en France (expéditions vers le futur Canada) et en Angleterre. En 1670, la flotte de la compagnie atteindra son apogée avec 107 navires. Le but des Néerlandais était d’arracher le monopole des mers des Indes aux Portugais. «Ce monopole, concédé pour dix-neuf ans puis renouvelé, permet à la Compagnie de réaliser au XVIIe siècle des bénéfices de 700 % en trafiquant le riz de Java et de Célèbes, les muscades de Banda, les girofles d'Amboine, la cannelle de Ceylan et le poivre» (Encyclopédie Larousse).
Retenir
Dissoute en 1799, cette compagnie néerlandaise aura joué un rôle déterminant dans l’économie financière européenne comme la plus grande entreprise capitaliste (accumulation systématique et systémique du capital productif ou non) à partir d’une recherche constante du plus grand profit financier possible (de la plus grande rentabilité possible). Le gouvernement hollandais devra s’acquitter de ses dettes et finira par la dissoudre en 1799.
Compagnie hollandaise des Indes occidentales
Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales La Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales est fondée en 1621 par des marchands hollandais qui veulent établir un commerce avec les régions non concernées par celles de la Compagnie des Indes orientales: L’Afrique de l’Ouest, l’Amérique et dans le Pacifique vers la Nouvelle Guinée. Ses premiers succès sont le fait d’actes de piraterie, notamment sur les navires espagnols chargés d’or et de métaux précieux. (Le corsaire agit au nom de son gouvernement au contraire du flibustier qui agit pour son compte).
Le sucre et les fourrures sont importés d’Amérique, l’ivoire, l’or, et les Esclaves d’Afrique. Il ne lui restera alors à la compagnie que les comptoirs du Surinam et de Curaçao.
En 1674, la compagnie qui croule sous les dettes est dissoute. En 1621, l’ecclésiastique et gouverneur Peter Minuit y fonde Manhattan. La Traite des Noirs devient sa principale activité avec des cargaisons en moyenne de 500 esclaves.
Après avoir dû abandonner plusieurs de ses comptoirs, notamment ceux importants de la côte atlantique ouest, ceux de la Nouvelle-Néerlande. Elle est dissoute en 1792.
Cette colonie était située entre la Virginie et la Nouvelle-Angleterre. Elle sera conquise par la Nouvelle-Angleterre. L’année suivante une deuxième compagnie est créée qui limite son activité à l’Afrique et aux Antilles.
Les Compagnies Anglaises
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La Compagnie britannique des Indes orientales
La Compagnie Britannique des Indes Orientales Comme nombre d’autres compagnies européennes, cette compagnie était une compagnie à charte, c’est-à-dire dotée d’une charge royale. «Les Hollandais, les Français et surtout les Anglais ont utilisé cette structure pour coloniser des régions lointaines. Les compagnies sont dotées d'une charte royale (tout en restant des compagnies privées) qui leur donne éventuellement pour tâche de fonder, d'administrer, d'exploiter et de défendre une colonie et qui, en contrepartie, leur assure le monopole du commerce dans une zone donnée».(Encyclopédie Larousse) Fondée en 1600, La Compagnie Britannique des Indes Orientales (East India Company ou EIC) commence par établir des comptoirs à Madras, Bombay et Calcutta.
Elle arrive à s’implanter face à ces concurrentes, la hollandaise, la portugaise, la française, et face à l’hostilité de mahas radjas grâce d’abord au soutien d’Oliver Cromwell (†1658) qui lui accorde la charte en 1657, de Charles II qui lui accorde des pouvoirs civils mais aussi militaires et enfin avec le soutien de la reine Élisabeth 1 ère , qui lui accorde le monopole du commerce.
En 1668, Bombay que Charles II d'Angleterre a reçu en cadeau de mariage avec Catherine de Bragance, fille de Jean IV du Portugal est remis à l'EIC.
En 1690, Calcutta (Kolkata) fut une autre base importante de l'EIC. L’expansion de la compagnie correspond aux étapes de la conquête de l’Inde. Le Government of India Act du 2 août 1858 entérine officiellement ce qui était déjà de longue date dans les faits, à savoir que la Couronne avait récupérée dans son giron la compagnie qui de ce fait n’avait plus de raison d’être en tant que telle.
Elles deviendront les points de départ de la conquête des Indes. En 1760, l’armée indienne de la compagnie dont l’uniforme est bien connu (tunique rouge et grand turban), commandée par Sir Eyre Coote défait les Français à la bataille de Wandiwash et met ainsi fin aux ambitions françaises sur le continent indien par la prise de Pondichéry.
La Virginia Company
La Virginia Company of London, également appelée London Company, car ses actionnaires étaient londoniens, a été affrétée par le roi Jacques Ier d'Angleterre en avril 1606. Société de négoce commerciale, elle avait pour but de coloniser la côte orientale de l'Amérique du Nord entre les latitudes 34° et 41° N.
Situer
En 1607, la centaine de colons débarqués un an plus tôt fondait la Virginie. «En 1619, la société a créé la première véritable assemblée législative d'Amérique continentale, l'Assemblée générale, qui a été organisée de manière bicamérale.
Comprendre
Elle se composait du gouverneur et de son conseil, nommés par la compagnie en Angleterre, et de la Chambre des bourgeois, composée de deux bourgeois de chacun des quatre arrondissements et des sept plantations.» (Encyclopædia Britannica) En 1624, de fortes dissensions internes, et avec le roi notamment qui désapprouvait l’intensification du commerce du tabac, produit qu’il considérait nocif, amenèrent le roi a dissoudre la compagnie et à faire de la Virginie une colonie royale.
Compagnie des Aventuriers d’Afrique
Compagnie des Aventuriers d'Afrique La Compagnie des Aventuriers d'Afrique a été fondée en 1666 sous la Restauration (16611688). Spécialisée dans le commerce de produits tropicaux et particulièrement d’épices, elle établissait des comptoirs entre le Cap Blanc de Mauritanie et le Cap de Bonne Espérance.
Les aventuriers établissaient aussi des comptoirs à l’intérieur des terres le long de fleuves comme le fleuve Gambie dont le cours traverse, le Sénégal, la Gambie et la Guinée.
En 1672, la compagnie croule sous les dettes.
Elle est reprise par la Compagnie Royale d'Afrique qui obtiendra et gardera le monopole du commerce jusqu’en 1697, le parlement décrétant le commerce d’Afrique libre.
A ne pas confondre avec la Compagnie des Aventuriers d’Angleterre qui, créée en 1670, deviendra la Compagnie de la Baie d’Hudson qui se spécialisa dans le commerce des fourrures dans cette région.
Les Compagnies françaises
«À la fin du xvie siècle, comme leurs voisins européens, les Français sont dépendants des Espagnols et des Portugais pour les épices et les autres marchandises venues des Indes orientales. À la suite des Anglais et des Hollandais, les Français, et les Bretons en particulier, tentent alors de remettre en cause ce monopole et d’ouvrir une nouvelle voie en allant eux-mêmes chercher les produits visés directement sur leurs lieux de production.» (Guillaume Lelièvre La course aux épices: Malouins et Vitréens dans l’océan Indien au début du xviie siècle, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, tome 125, no 3, 2018) Au cours du siècle, la France aura créer de très nombreuses compagnies maritimes.
Situer
La première étant La Compagnie de Rouen pour la Nouvelle-France créée en 1614 par Samuel Champlain (†1674), fondateur de la ville de Québec en 1608, à laquelle succèdera Compagnie de Montmorency fondée en 1621 par Henri II de Montmorency (†1632), vice roi de la Nouvelle-France; la dernière étant La Compagnie de Saint Domingue fondée par Louis XIV en 1698 et qui se révèlera une des plus rentables compagnies maritimes d’Europe grâce à l’importation du sucre.
Comprendre
En tout, pas moins de 19 compagnies auront été créées au cours du siècle.
Retenir
Six autres suivront au siècle suivant. On peut citer entre autres pour le XVIIe siècle
La Compagnie des Cent-Associés
La Nouvelle France, autrement dit le Canada, ne comptait officiellement qu’un seul lieu d’habitation, Québec, où ne vivait qu’une cinquantaine d’habitants qu’il fallait d’ailleurs approvisionner depuis le continent (Robert Le Blant La Compagnie de la Nouvelle-France et la restitution de l'Acadie (1627-1636) Outre-Mer. Revue d'histoire Année 1955 146 pp. 69-93 Persée).
Jacques Cartier était arrivé au futur Canada un siècle plus tôt (voir Renaissance/Introduction Générale /Sur les mers et Au-delà). La pêche demeurait, elle, réservée à l’autorité royale qui conservait sur place un gouverneur. La même année, la Compagnie des Cents Associés annonça son intention de s’établir en Acadie (par acte notarié à La Rochelle en présence du Cardinal en personne). Sedwick permet à deux anglais Sir Thomas Temple, futur gouverneur, et William Crowne, parlementaire pro-Cromwell de racheter une grande partie des possessions de Claude de Saint-Étienne de la Tour.
Louis XIII voulait persévérer dans cette entreprise pour apporter la vraie religion aux peuplades indigènes. La compagnie distribuait les terres, nommait les officiers et avait le monopole du commerce des peaux. L'Acadie est cédée à la France en 1632 par la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye, qui met aussi fin à la colonisation écossaise. En 1654, l’Anglais Robert Sedgwick, soldat, marchand et colon s’empare de l’Acadie et la renomme la Nouvelle Écosse. En 1713, l’Acadie redevient Anglaise. «La Compagnie de la Nouvelle‑France ou Compagnie des Cent‑Associés, comme on l’appelait plus communément, a été formée en France en 1627… Dirigée par 12 administrateurs, elle obtient un droit de propriété sur des terres s’étendant du sud au nord, de la Floride à l’ Arctique , et vers l’ouest jusqu’aux confins des terres connues… Elle avait pour objectif de peupler la Nouvelle-France et bénéficiait, en échange, d’un monopole sur presque tout le commerce colonial…Elle a pris des mesures audacieuses, mais a subi de nombreux revers.
Le cardinal de Richelieu (†1642), ‘Premier Ministre’ de Louis XIII, fonde en 1627, alors la Compagnie de la Nouvelle-France et nomme douze administrateurs. Les Anglais, basé en Nouvelle -Angleterre (n.e; des actuels Usa Maine, Massachusetts, Connecticut etc.) s’opposant à cette installation, saisirent des navires de renfort et de ravitaillement dès 1627. La France continue d’accorder des concessions. En 1657, le Traité de Breda va rendre l’Acadie à la France. Une guerre intercoloniale entre la Nouvelle France et La Nouvelle Angleterre va s’étendre sur les dernières année du siècle et celle du suivant favorisée par le Guerre de la Ligue de Augsbourg et la Guerre de Succession d’Espagne.
En 1628, deux à trois cents Français catholiques de tous métiers y seront expédiés pour commencer à peupler la Canada Plusieurs milliers viendront s’installer au fil d’une quinzaine d’année. Malgré un traité en 1629, les visées anglaises se poursuivirent. L’Acadie s’étendait de la Floride au pôle arctique. La rivalité entre les grands marchands de fourrure comme Claude de Saint-Étienne de la Tour, Nicolas Denys (grand propriétaire et gouverneur) et les gouverneurs successifs aboutirent à une guerre civile en Acadie. La Compagnie a été dissoute en 1663. En dépit du faible rendement qu’elle a obtenu sur ses investissements, elle a tout de même contribué à faire de la Nouvelle‑France une colonie viable.» (Citation et base: Encyclopédie Canadienne/Compagnie des-Cents associés).
La Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal
En 1658, cette compagnie rachète le monopole du commerce à la Compagnie Normande créée par des marchands rouannais. Elle se consacra essentiellement à la traite des noirs avant de revendre ses parts à la Compagnie des Indes Occidentales qui n’aura que 10 ans d’existence de 1664 à 1674.
Situer
La Compagnie des Indes Orientales rachètera le monopole.
La Compagnie des Indes orientales
La Compagnie des Indes Orientales Créée en 1664 par Colbert, elle avait pour vocation de commercer sur toutes les côtes passé le Cap de Bon-Espérance. Puissante, elle sera une grande rivale des autres compagnies européennes comme la Compagnie Anglaise des Indes Orientales.
Un de ses premiers comptoirs sera Pondichéry qui, concédé en 1673 tombera aux mains des anglais en 1761 après une longue résistance des Français mal soutenus par leur marine.
La compagnie jouera un rôle important dans l’économie française sous Louis XVI.
Refondée en 1770 en Compagnie des Indes Orientales et de la Chine, cette compagnie qui avait rapporté de gros profits aux caisses royales sera dissoute sous la Révolution au profit de compagnies privées.
Autres Compagnies
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Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.
Compagnie suédoise d’Afrique
Compagnie suédoise d'Afrique La Suède n’a eu pour possessions maritimes au XVIIe siècle que la Nouvelle-Suède (côte des états de Pennsylvanie et New York) de 1638 à 1655, et la Côte-d’Or Danoise de 1650 à 1663 dans le golfe de Guinée. La Compagnie Suédoise d’Afrique est créée en 1674 par le diplomate Laurens de Geer mais avec l’aide des capitaux hollandais et de la Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales qui en 1661 avala la compagnie suédoise.
Elle exploitait la Côte de l’Or Suédoise, l’actuel Ghana. Elle sera dissoute en 1776 pour raisons financières.
Compagnie danoise des Indes occidentales et orientales Fondée en 1616 par le roi Christian IV, la Compagnie danoise des Indes Orientales exploitait la côte du Tamil Nadu, côte indienne du Golfe du Bengale.
Son commerce était essentiellement le thé. La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée est créée en 1671 pour le commerce avec les Iles Vierges et s’étend en 1680 pour le commerce avec la Côte-d’Or Danoise, l’actuel Ghana.
Refondée en Compagnie asiatique en 1732, elle perd son monopole en 1772 et les Indes Danoises entrent dans le giron de la royauté.
Liste des Compagnies ( Wikipédia)
· 1614 : Compagnie de Rouen (Nouvelle-France) par Samuel de Champlain · 1621 : Compagnie de Montmorency Henri II de Montmorency qui succède à la Compagnie de Rouen · 1626 : Compagnie de Saint-Christophe par Richelieu · 1626 : Compagnie normande par Richelieu · 1627 : Compagnie de la Nouvelle-France (ou compagnie des cent-associés) par Richelieu , qui succède à la Compagnie de Montmorency · 1633 : Compagnie de Rouen (Guyane) par Charles Poncet de Brétigny · 1635 : Compagnie des îles d'Amérique qui succède à la Compagnie de Saint-Christophe · 1651 : Première compagnie de la France équinoxiale par des associés · 1658 : Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal par Mazarin · 1660 : Compagnie de Chine par Mazarin · 1664 : Compagnie française des Indes orientales par Colbert · 1664 : Compagnie française des Indes occidentales par Colbert · 1663 : Compagnie de la France équinoxiale par J-B. Colbert · 1670 : Compagnie du Levant par Jean-Baptiste Colbert qui deviendra en 1685 la Compagnie de la Méditerranée . · 1673 : Compagnie du Sénégal par Louis XIV · 1682 : Compagnie de la Baie du Nord par Louis XIV · 1685 : Compagnie de Guinée par Louis XIV · 1698 : Compagnie de Saint-Domingue par Louis XIV · 1701 : Compagnie de l'Asiento par Louis XIV · 1712 : Compagnie de la Louisiane par Louis XIV · 1717 : Compagnie d'Occident par John Law · 1717 : Compagnie du Mississippi par John Law · 1741 : Compagnie royale d'Afrique par Louis XV · 1748 : Société d’Angola (compagnie d’Angola) par A.
Situer
Walsh
La traite des Noirs
La traite atlantique est l’un des aspects les plus violents de l’expansion européenne. Elle relie les compagnies, les colonies, les plantations, les ports et les profits commerciaux à la déportation de millions d’êtres humains.
Des captifs africains sont embarqués depuis les côtes occidentales et réduits en esclavage dans les colonies du Nouveau Monde.
Plantations, sucre, tabac, commerce maritime et compagnies font de cette traite un rouage majeur des économies atlantiques.
Sous Louis XIII puis Louis XIV, la traite s’inscrit dans le développement des Antilles et des compagnies commerciales.
Ce sujet doit rester lisible comme un fait historique central, non comme une simple annexe commerciale.
Le Cadre Noir
C’est sous Louis XIII dit Le Juste, qu’avait commencé en 1633 la Traite des esclaves pour les Antilles. En France, Louis XIV promulgue en 1685 une ordonnance (en fait un édit son application étant locale au contraire de l’ordonnance qui s’applique dans tout le royaume) dite Code Noir.
Situer
Cette ordonnance réglemente la pratique de l’esclavage aux Antilles, en Louisiane et en Guyane. Il doit défendre son esclave devant la justice. L’esclave ne doit plus être torturé et doit être nourri suffisamment.
Comprendre
Elle traite des us, des coutumes, de la police mais surtout du (non) statut juridique des esclaves qui sont transmis en héritage; ne possèdent rien, ils peuvent être vendus ou loués.
Retenir
L’esclave peut faire du commerce avec l’autorisation de son maître. Le maitre peut épouser une esclave mais ne peut pas en faire sa concubine. Les esclaves baptisés reçoivent une sépulture chrétienne.
Esclavage en Virginie
Dès le premier moitié du XVIe siècle existait déjà l’esclavage au Nouveau-Monde. En Amérique du Sud, des esclaves étaient amenés du Nicaragua pour travailler dans les mines d’or du Pérou.
En Amérique Centrale, des esclaves d’Afrique également, éraient amenés pour remplacer dans les encomedia (exploitations) quand la population indigène devenue après extermination et mauvais traitements pas suffisamment nombreuse. En 1662, sous La Restauration Anglaise, La loi virginienne sur l'esclavage stipule la transmission du statut d’esclave de mère en fils.
Bartoloméo des Las Casas adressa en 1516 au Cardinal Cisneros, alors régent et dont sait la répression farouche qu’il exerça contre les juifs et les musulmans, un Mémoire des Quatorze Remèdes, dans lequel il écrit être favorable à ce que les esclaves africains viennent remplacer les indigènes. Notes [1] L’esclavage est une pratique qui remonte à des temps immémoriaux.
Ce dont il se repentira pour le restant de sa vie. Au Mexique, en 1545, il demandera en vain la libération des esclaves. En Amérique du Nord, c’est en Virginie, en 1619, qu’un navire hollandais amène les premiers esclaves africains. Pourquoi par la mère? Pour dissuader les accouplements maitres-esclaves. Au Moyen-âge, l’Église ne condamne pas l’esclavage. Mais «l’organisation sociale chrétienne composée de frères ne peut se concilier avec l’esclavage, que remplace peu à peu le servage, dépendance personnelle et héréditaire… dans ces conditions, le vieux mot latin ‘servus’ finit par perdre son antique sens d' “esclave“ pour désigner celui qui est lié à la terre ou à un seigneur par des obligations relativement limitées: le serf.
Il prendra ensuite la défense des esclaves indigènes et africains. La même année, dans le livre III de son Histoire des Indes, il prendra la défense d’un couple d’esclaves affranchis du Nicaragua. William Berkeley, gouverneur de Virginie, intensifia la Traite des Noirs. Jusqu’alors, un métis pouvait être libre. Le Pape l’autorise au roi du Portugal pour l’Afrique. C'est alors qu'apparaît, dans le latin médiéval (X ème siècle), le mot ‘sclavus’, qui donnera, au 13 ème siècle, le terme ‘esclave’, et qui est une autre forme de ‘slavus“, rappelant que les populations slaves des Balkans fournissaient, au Moyen Âge, l'essentiel des masses serviles en Occident».(http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/esclavage/49330)
Sciences
La révolution scientifique du XVIIe siècle change profondément la manière de comprendre la nature. Elle sépare progressivement l’explication physique de la théologie naturelle et installe l’idée que le monde peut être décrit par des lois mathématiques.
Galilée
Le procès de 1633 symbolise le conflit entre observation, mathématisation du monde et autorité religieuse.
Descartes
Le Discours de la méthode donne une place décisive à la raison conduite avec ordre.
Newton
Les Principes mathématiques de 1687 formulent une nouvelle physique fondée sur des lois générales.
La science moderne ne remplace pas instantanément les anciens savoirs, mais elle impose progressivement une autre méthode.
Le XVIIIe siècle héritera de cette révolution et l’intégrera à l’esprit des Lumières.
Les Inventions
Selon Grégoire (normalien, agrégé de sciences physiques, docteur en physique théorique, enseignant de physique-chimie en classe préparatoire) in Livre et sciences (https://livresetscience.wordpress. com/2018/09/10/les-8-plus-grandes-inventions-du-xviie-siecle) ont été inventés au XVIIe siècle: La calculatrice mécanique (1623), la Speeding Clock: «inspiré par les bâtons de Napier, Wilhelm Schickard conçoit un système mécanique appeler «horloge à calculer» permettant d’effectuer des opérations élémentaires sur des nombres à six chiffres.» A noter:Envoyée à Kepler, elle lui aurait permi de faire le calcul des éphémérides (astrologie). Le baromètre (1643): «Torricelli inventa en 1643 un tube qui portera son nom et qui permettra de réaliser des mesures de pression.
Un tube de verre fermé à l’une de ses extrémités est rempli de mercure et plongé dans une cuvette remplie de mercure également. L’air aspiré, le vide créé, les ballons étaient fermement maintenus l’un à l’autre par la…pression de l’air extérieur. En 1656, l’astronome néerlandais Huygens utilisa cette propriété pour fabriquer des horloges de précision. L'autocuiseur (1679): «Denis Papin raconte que pendant la première démonstration de son «Digesteur», il vit l’appareil exploser au bout de quelques minutes. Plus le poids est bas, plus le mouvement est rapide. L’ingénieur militaire Thomas Savery développa une machine permettant d’éviter d’écoper l’eau fastidieusement avec un seau. En tirant un tuyau de la machine jusqu’au fond de la mine, on aspire ainsi l’eau du puits.
La pression à la surface de la cuve est égale à la pression atmosphérique et sa valeur diminue progressivement à mesure que l’on monte dans le tube.» La pompe à vide (1650): «L’Allemand Otto von Guericke cherchait à réaliser le vide dans une bombonne. Avec un pendule d’un mètre de long, la période des oscillations approche 2 secondes avec un décalage moyen réduit à 20 secondes par jour, ce qui est remarquable pour l’époque. Grand succès: les aliments cuits à haute pression devenaient fondants et leur goût était sublimé.» Le métronome (1696): «Un support de bois, une tige munie d’un poids mobile oscillant à la manière d’un pendule: le métronome est né! Lors de la condensation un vide se crée alors dans le récipient.
Ses tentatives d’extraire l’air directement restaient infructueuses lorsqu’il eut l’idée géniale de commencer par la remplir d’eau avant de la vider à l’aide d’une pompe aspirante ne laissant pas passer d’air. L'horloge à pendule (1656): «Au début du siècle, Galilée avait remarqué que la période d’oscillation d’un pendule était indépendante de l’amplitude du mouvement. Il revint quelques jours plus tard avec un ajout astucieux: une soupape de sécurité permettant de contrôler les augmentations de pression trop brusques. Ludwig van Beethoven sera le premier à utiliser l’instrument comme référence de tempo en 1817 La pompe à vapeur (1698): «Un des plus grands dangers lié à l’exploitation minière est l’inondation.
La pression extérieure qui n’était plus compensée par la pression intérieure avait tendance à écraser le récipient. Guericke opta alors pour une forme de bombonne la plus sphérique possible afin de minimiser les contraintes.» A noter qu’en 1654, Guericke, maire de Magdebourg, poursuivit ses recherches et en 1654 l’expérience qu’il fit avec les Hémisphères (ou Ballons) de Magdebourg démontrera l'existence du vide et la notion de pression de l'air: Il assembla deux ballons (environs 50cm de diamètre) dont l’un était muni d’une valve reliée à la pompe à vide. Un récipient est rempli d’eau et de la vapeur d’eau sous pression est injectée par en dessous ce qui chasse l’eau liquide vers le haut.
Autres inventions du siècle
On doit à Gerbert d'Aurillac (945-1003) qui devint pape sous le nom de Sylvestre II en 999 et qui par ailleurs inventa le boulier introduisit les chiffres arabes en Europe;.à l’Allemand Johann Widmann (1462-1498), le signe + et le signe -. On utilisait p (piu) et m (minus); u Gallois Robert Recorde (1512-1558), le signe =; Aux Hollandais Jansen père et fils, en 1590, le premier microscope composé de deux lentilles convexes (l’une servant d’objectif grossissant, l’autre d’oculaire).
Situer
Mais c’est Antoni Van Leeuwenhoek (1652-1723), drapier à l’origine, qui est considéré comme le père de la microscopie par ses observations sur les bactéries et les protozoaires(1668); à l’Anglais Thomas Savery (1650 - 1715), la pompe à vapeur (1688). Cette combinaison permettait de grossir les objets trois ou quatre fois. Son nom est associé à celui de Lippershey. Selon https://galileo.library.rice.edu/sci/instruments/telescope.html) «En octobre 1608, les États Généraux (le gouvernement national) de La Haye examinèrent les demandes de brevet d'abord de Hans Lipperhey de Middelbourg, puis de Jacob Metius d'Alkmaar, pour un appareil permettant de «voir les choses lointaines comme si elles étaient proches». ls accordèrent une petite récompense à Metius et chargèrent Lipperhey de fabriquer plusieurs versions de jumelles.» Galilée n'a pas inventé le télescope, mais il conçut et construisit des télescopes avec un pouvoir grossissant de plus en plus élevé. Seulement deux exemplaires de cette machine ont été construits. Leibniz est aussi l’inventeur du système binaire (base 2) qui est utilisé dans tous les ordinateurs modernes.» En 1676, l’astronome danois, Ole Christensen Romer qui travaillé à l’observatoire de Paris en 1671, est le premier à mesurer la vitesse de la lumière à partir de l’observation des éclipses du satellite de Jupiter, IO. En refroidissant, la vapeur d’eau se condense et du vide se crée alors dans le cylindre.» (https://gallica.bnf.fr/essentiels /repere/machine-vapeur-1687) A noter que papin améliorait ainsi la machine à poudre à cylindre du scientifique hollandais Christian Huygens dont il était l’assistant comme il l’a été aussi du scientifique irlandais Robert Boyle (voir Philosophie/ les Philosophes de La Nature).
Comprendre
Il est généralement reconnu que Hans Lippershey, opticien-verrier et fabricant de lentilles, hollandais d'origine allemande, serait le premier à avoir décrit le concept de la longue-vue duquel dériveront ceux de la lunette astronomique et du télescope. Le gouvernement jugea l'appareil trop facile à copier et ne délivra pas de brevet. Le brevet présenté aux États Généraux (gouvernement) de La Haye (capitale des Provinces-Unies) était-il le résultat d’une collaboration? Selon Calcul Québec (https://www.calculquebec.ca/vitrine/histoire/): A l’Italien Bernado Perrotto (francisé en Bernard Perrot 1640-1709), la coulée du verre sur plateau permettant la fabrication de miroirs de grandes dimensions (1680) jusqu’alors soufflés en manchon, et le verre rouge (rouge rubis) A Melchisédech Thévenot (1620-1692), auteur du premier traité de natation, le niveau à bulle d’air (1661); à Dom Pérignon le champagne (1688); A Edme Mariotte (1620-1684), la découverte du point aveugle de l’œil et quelques années après l’Irlandais Robert Boyle (1627-1691) la loi sur les gaz (volume et pression inversement proportionnels). «En 1635, Blaise Pascal effectue ses premiers calculs sur la Pascaline, la première machine de calcul mécanique opérationnelle, qui était capable d’effectuer des additions et des soustractions (cette seconde opération était toutefois difficile à effectuer). En 1690, il met au point le principe de la machine à vapeur à piston. La balle du mousquet était placée dans un récipient contenant la quantité de poudre nécessaire au tir. La baïonnette est inventée en 1680. Elle rendit quasiment inutile la présence d’un piquier auprès du mousquetaire. Auparavant l’usage était qu’un piquier accompagne deux mousquetaires et les défende pendant leur recharge.
Retenir
Mais, il est à noter que «Le télescope fit son apparition aux Pays-Bas. En octobre 1608, le gouvernement de La Haye examina une demande de brevet pour un dispositif permettant de «voir les objets lointains comme s'ils étaient proches». Il s'agissait d'une lentille convexe et concave dans un tube. Il accorda néanmoins une petite récompense à Jacob Metius et engagea Hans Lipperhey pour la fabrication de plusieurs versions de jumelles, pour lesquelles il fut grassement rémunéré.» (https://history.aip.org › tools › tools-first-telescopes) Jacob Metius était fabricant d’instrument et spécialisé dans le polissage des lentilles optiques. Si Pascal a inventé le premier transport en commun, on doit au Comte de Villayer Jean-Jacques Renouard (1607-1691), Conseiller d’État l’invention en 1653 des boites aux lettres municipale relevées par des facteurs à Paris, les bureaux de poste existaient déjà. En 1673, Gottfried Wilhelm Leibniz fabrique la Stepped Rec koner, la première machine capable non seulement d’additionner et de soustraire, mais également de multiplier et diviser. En 1687, Denis papin(1647-1712) donne la première description d’une machine à vapeur «qui fonctionne par le jeu alternatif d’un piston dans un cylindre. De l’eau est introduite dans le cylindre, qui est chauffé. La vapeur d’eau ainsi produite pousse le piston vers le haut, et une tige permet de le bloquer à une certaine hauteur. Dans le domaine militaire, au début du XVIIe siècle, la cartouche fut inventée. Le soldat n'avait plus besoin de doser la poudre d'une corne à poudre dans son fusil. Fixée au mousquet, elle était utilisée comme pique si nécessaire entre deux recharges de poudre. L'armée britannique commença à utiliser des grenades en 1677.
La Médecine
Il existe encore au XVIIe siècle, une hiérarchie bien établie entre ceux que l’on appellerait aujourd’hui les professionnels de santé. En haut de l’échelle, les plus considérés sont les médecins qui soignent les maux internes et qui n’ont que mépris pour les chirurgiens qui n’on pas fait d’études, ont appris leur pratique sur le tas et ne soignent que les maux externes. «En effet, les médecins suivent des études universitaires, soutiennent une thèse de doctorat, portent robe et bonnet carré et ne délivrent leurs diagnostics qu’en latin.
À l’inverse, les chirurgiens restent des artisans, assez proches des barbiers et des rebouteurs.» (Jean-François Belmonte Les rivalités entre les chirurgiens et les médecins au XVIIe siècle in Métiers et gens de métiers en Roussillon et en Languedoc, XVIIe-XVIIIe siècles PUF Perpignan 2009) Viennent ensuite les préparateurs de potions et autres mixtures.
En bas de l’échelle, les barbiers qui soignent les plaies, font les pansements, arrache les dents et rasent aussi. En 1611 Santorio Santorio, (†1636), un des grands noms de la médecine italienne, invente le thermoscope, ancêtre du thermomètre, un appareil capable de mesurer la température du corps humain. Il décrit la musculature du cœur et explique son fonctionnement comme celui d'une pompe aspirante et foulante.» (Encyclopédie Universalis)
Sous Saint Louis (†1270) avait été fondé la Confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien qui regroupait les chirurgiens à robe longue qui se distinguaient ainsi des chirurgiens à robe courte, les barbiers. «En 1656, la confrérie des chirurgiens à robe longue fusionne avec la confrérie des barbiers, mais les activités de ces derniers sont limitées (raser, saigner et accoucher).» La confrérie va former les chirurgiens selon un enseignement théorique et pratique qui, de fait, ne sera plus acquis par l’assistanat d’un chirurgien plus ancien.
On obtient le titre de maître chirurgien après deux ans d’études. Le chirurgien tenait boutique de barbier. De 1691 à 1694, face à l'affluence d'élèves, la confrérie obtient un terrain du couvent des Cordeliers, et y élève l'amphithéâtre d'anatomie de Saint-Cosme». En 1628, Willian Harvey (voir Philosophie de La Nature) publie Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus dans lequel il démontre la circulation sanguine. «Il démontre la communication entre les différentes parties de l'appareil circulatoire, le rôle primordial du cœur et réfute les vieilles conceptions sur la fonction du foie.
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Ce bloc introduit les développements qui suivent et aide le lecteur à situer le sujet dans l’ensemble du XVIIe siècle.